mercredi 14 février 2018

Slow Qui Tue #352: Pouring Rain

En ce jour de Saint Valentin, l'amour coule comme une pluie torrentielle. Restez bien au chaud, en bonne compagnie.

Ho Sai: Pourring Rain




Bonne écoute, et bonne Saint Valentin à tous!


mardi 13 février 2018

La Discothèque du 20e siècle #256

En 1961,la grande Etta James nous offrait une de ses plus belles chansons.

Etta James: I just want to make love to you (1961)


Composition de Willie Dixon, i just want to make love to you est un des titres les plus célèbres du blues moderne. Après Muddy Waters, les Rolling Stones l'ont inscrit à leur répertoire, histoire de se poser en concurrents des Beatles qui, à cette même époque, chantaient I want to hold your hand. Cette version est signée Etta James, la diva de chez Chess Records, qui l'a gravée en 1961. (Source: Fascicule "Mes Soirées 60's n°3", Universal Collections)

Bonne écoute!


lundi 12 février 2018

Un amour au long cours

4e de couverture: Existe-t-il une formule magique pour qu’un couple résiste au temps qui passe, à la pression du quotidien ? Anaïs et Franck y croient, ils ont décidé de tenir bon contre vents et marée. Au fil des années, ils ont mis au point des astuces, forgé des règles de vie qu’ils ont écrites et affichées sur leur frigidaire. Ainsi est née la « Constitution du couple » qu’ils ont établie pour se guider et se soutenir de jour en jour. Grâce à elles, ils ont pu traverser les grandes étapes de ce voyage qu’est toute vie conjugale: la naissance et l’éducation de leurs enfants (avec ce que cela a remué en eux de leur propre passé), les relations avec la belle-famille, une activité professionnelle chronophage, l’érosion du désir et des sentiments, la tentation de l’infidélité… Leurs filles devenues grandes, Anaïs et Franck revisitent les moments clés de ce combat commun, se découvrent des zones d’ombre et engagent un dialogue risqué. Ont-ils réussi leur pari ? L’amour peut-il réellement se décider ? Suffit-il de rester ensemble pour qu’il perdure ? Un livre dans lequel tout le monde pourra se reconnaître, une histoire touchante qui pourrait aussi s’avérer utile !

Après ma lecture précédente qui fut passionnante mais intense et dense, il me fallait un petit livre, avant d'enchaîner sur un autre pavé. 
C'est ainsi que je me suis souvenu de ce petit livre,que les éditions Anne Carrière et l'auteur m'avaient fait parvenir, il y a quelques mois. 
Ce qui m'avait attiré tout d'abord, c'était le petit document livré avec l'argumentaire du livre et que je reproduis ici.  

La Constitution du couple
Article 1 : Ne jamais critiquer l’autre lorsqu’il s’occupe du bébé. 
Article 2 : S’organiser pour se répartir les tâches.
Article 3 : N’avoir aucun devoir envers sa belle-famille.
Article 4 : Refuser que l’enfant soit roi. 
Article 5 : Ne pas tout se dire.
Article 6 : Résister aux tentations.
Article 7 : Se retrouver une soirée par semaine, un week-end par mois et une semaine par an. 
Article 8 : Éduquer ses enfants, malgré l’environnement, et souvent contre lui.
Article 9 : Demeurer solidaires dans les décisions, face aux enfants.
Article 10 : Accepter les faiblesses de l’autre, le soutenir en tout. 

Intriguant, n'est il pas. 
Cette constitution du couple, va être le fil rouge de cette histoire. Tout part de cela. 
Les deux protagonistes du roman, Franck et Anaïs, vont revenir sur leur histoire commune en égrenant chaque article de leur constitution et en l'étoffant de leurs souvenirs de vingt ans de vie de couple. 

Un amour au long cours est un roman épistolaire, chacun revenant sur leur vie commune, en un dialogue apaisé, touchant, et toujours aimant, comme si le temps avait renforcé cet amour que tant de couples ont du mal à conserver. 

En fait, je ne savais pas à quoi m'attendre en lisant ce livre et, à ma grande surprise, j'ai été touché par l'histoire de Franck et Anaïs, qui n'a rien d'exceptionnelle et qui ressemble à tant d'autres. Pourtant, l'auteur réussi le tour de force de les rendre très humains et, surtout, instaure un petit suspense, en la "personne" de cette maladie dont souffre Anaïs et qui n'a pas de nom. 
Progressivement, on tremble pour eux, on s'émeut devant leur parcours jalonné d'épreuves (les enfants, les parents quasi absents (surtout du côté des pères), les tentations d'aller voir ailleurs, les crises d'adolescences de leurs filles Sarah et Lucie) et qui ressemble à tant de personnes. C'est simple, touchant, tendre, souvent, émouvant et on se laisse porter par ces deux êtres qui ont traverser la vie, comme des combattants, même si celle ci a été fait de moments de bonheur (qu'ils n'est pas utile de raconter dans un roman, car le bonheur n'est pas si passionnant que ça à lire en définitive). 

Au final, un petit roman touchant et émouvant, qui sait vous prendre par la main pour vous faire vivre un moment simple, avec des personnages qui ressemblent à monsieur et madame "tout le monde", mais qui en dit beaucoup sur nous-même. Un roman sur la vie d'un couple heureux qui vous surprendra par une fin étonnante.   Une jolie parenthèse, qui m'a fait du bien. 

Merci aux Editions Anne Carrrière et à Jean-Sébastien Hongre pour cette petite respiration. 

Jean-Sébastien Hongre: Un amour au long cours, Anne Carrière éditions, 195 pages, 2017



dimanche 11 février 2018

La part des flammes

4e de couverture: Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du xixe au cœur d’une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

Voilà plusieurs semaines, voire quelques mois que ce livre m'appelle (depuis la sortie du dernier roman de Gaëlle, en fait) et je n'ai pas pu résister plus longtemps pour m'y plonger. 
Retrouver la plume de Gaëlle fut un délice merveilleux, et je me demande pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de la relire. 

La force de Gaëlle, c'est d'être une conteuse, qui part complètement dans le sujet qui la fascine, à chaque livre. C'est également sa capacité d'aller au gré de ses envies, au point de nous offrir un livre différent à chaque fois, construisant une oeuvre hétéroclite, mais cependant cohérente, qui montre le propre parcours et le chemin de vie de l'auteure. Surtout, elle s'affirme de livre en livre. 
L'ancre des rêves m'avait montré les qualités de conteuse de Gaëlle, qui nous faisait redécouvrir, à travers des légendes, notre âme d'enfant. 
Avec La part des flammes, Gaëlle nous offre un roman historique de pure beauté, au style très travaillé, retrouvant la couleur des feuilletonistes du XIXe siècle. Gaëlle devient alors une Dickens des temps modernes, qui maîtrise son histoire de bout en bout en lui donnant le souffle romanesque qui faisait le charme des romans feuilletons de ce temps là,tout en donnant une âme belle à ses personnages,  qu'elle regarde vivre d'un regard bienveillant en les accompagnant jusqu'au bout de leur destin. 

Qu'est ce que j'ai aimé ce roman! 
Son histoire (ce fameux incendie du Bazar de la Charité qui va bouleverser la vie de toutes ces femmes et ces hommes), ses personnages (douce Violaine de Raezal, intrépide Mary Holgart, forte et fragile Constance, flamboyant Laszlo, qui part amour, serait prêt à tout, Fidèle et héroïque Joseph, qui, par respect  pour ses maîtres "le Duc et la Duchesse d'Alençon, prendra tout les risques) qui nous emportent dans un tourbillon d'aventures, dont un incendie va être le déclencheur, et la Duchesse d'Alençon, le trait d'union. 

Tout fut parfait! Rien à redire. Voilà un roman comme on en voudrait plus souvent! Un roman qui nous raconte des histoires, qui ne se regarde pas le nombril ,mais donne vie à des personnages attachants et bouleversant que le lecteur à envie de suivre le plus longtemps possible. Voilà pourquoi j'ai mis près d'une semaine pour le lire...non pas par manque de temps, mais pour faire durer le plaisir de lecture le plus longtemps possible et avoir cette envie d'y retourner chaque jour, comme ces lecteurs de journaux, qui découvrait un nouveau chapitre de leur roman feuilleton préféré, chaque matin. 
Surtout, ce roman historique, d'aventures épiques, qui délivre à chaque page, des duels, des enlèvements, des secrets dévoilés, des intrigues amoureuses, de la peine, de la haine, nous emporte dans un tourbillon émouvant, qui a ouvert la boite de mes souvenirs. Je me suis revu, enfant, dévorant les livres d'Alexandre Dumas, de Robert Louis Stevenson. J'étais alors comme un gamin qui oubli, le temps d'une lecture, sa vie d'adulte. 

Que vous dire, a part de découvrir la plume magnifique de cette merveilleuse conteuse qu'est Gaëlle Nohant, qui arrive à me charmer à chaque livre. Et dire que le prochain attend dans ma PAL avec son titre si poétique (Légende d'un dormeur éveillé), j'en suis tout ému. 
Ouvrir un roman de Gaëlle Nohant, c'est retrouver une part de soi qu'on croyait oublié à jamais: ce petit enfant qui ne fait que sommeiller en nous et que Gaëlle réveille de sa plume magique. Alors laissez vous embarquer pour un voyage fabuleux dans le Paris du XIXe, qui va vous réchauffer le coeur. 

Gaëlle Nohant: La part des flammes, Editions Héloïse d'Ormesson, 495 pages, 2015


Slow Qui Tue #351: D'Allemagne

Le slow qui tue de la semaine tisse un pont entre deux pays, devenus amis, au fil du temps.

Patricia Kaas: D'Allemagne



Bonne écoute!


mercredi 7 février 2018

La Discothèque du 20e siècle #255

Après vous avoir fait (re)découvrir l'adaptation française du "petit bikini" par Dalida, il y a quelques semaines, voici la version originale de Bryan Hyland, datant de la même année.

Bryan Hyland: Itsy Bitsy teenie weenie yellow polka dot  bikini (1960)




Il n'a que 17 ans, le charmant Brian, né à New York, lorsqu'il atteint le sommet du "Bilboard" avec cette chanson sans prétention qui célèbre l'invention essentielle, pour nous les homes, du maillot de bain deux pièces...Difficile après cela, d'être pris au sérieux: ses 45 tours suivants oscillent entre bides et demi-succès jusqu'à ce que Sealed with a kiss lui permette en 1962, de retrouver le chemin des hit-parades. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1960", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 5 février 2018

La nuit introuvable

4e de couverture: Nathan Weiss vient d’avoir quarante ans lorsqu’il reçoit un appel d’une inconnue : sa mère Marthe souhaite le revoir en urgence. Cette mère, voilà quatre ans, depuis le décès de son père, qu’il s’efforce de l’oublier. Ce n’est pas un hasard s’il s’est expatrié jusqu’en Slovénie.
Il va pourtant obéir et revenir à Paris. Sa mère a changé : elle est atteinte d’Alzheimer et ne le reconnaît presque plus. Nathan apprend alors que Marthe a confié huit lettres à sa voisine, avec pour instruction de les lui remettre selon un calendrier précis. Il se sent manipulé par ce jeu qui va toutefois l’intriguer dès l’ouverture de la première lettre.
Ces textes d’une mère à son fils, d’une poignante sincérité, vont éclairer Nathan sur la jeunesse de Marthe, sur le couple qu’elle formait avec son mari Jacques, la difficulté qu’elle avait à aimer ce fils envers qui elle était si froide. Tandis qu’il découvre ce testament familial, Nathan se débat avec ses amours impossibles, sa solitude, ses fuites. Et si la résolution de ses propres empêchements de vivre se trouvait dans les lettres que Marthe a semées pour tenter de réparer le passé ?
Dans ce premier roman, d’une écriture sensible et poétique, Gabrielle Tuloup décrit l’émouvant chassé-croisé de deux êtres qui tentent de se retrouver avant que la nuit recouvre leur mémoire.

Quelquefois, en commençant la lecture d'un livre, on sait,dès les premières phrases que celui ci ne nous laissera pas indifférent et qu'il laissera  une marque indélébile au fond de nous, pour longtemps. 
La nuit introuvable de Gabrielle Tuloup fait partie, pour moi de cette catégorie là. Sauf que je ne savais pas encore qu'il allait me toucher autant. 
Comme toutes mes lectures de ce début d'année, je suis entré dedans sans trop savoir dans quoi je m'embarquais et j'ai été happé, dès les premières lignes dans une histoire qui, progressivement allait bouleverser mon coeur. En fait, là, en tapant, ces lignes, je m'aperçois qu'il va m'être très difficile de parler de ce livre, de trouver les bons mots pour vous dire tout ce qu'il a fait vibrer en moi. 
Lu d'une traite comme en apnée, j'ai accompagné Nathan et Martha, un fils et sa mère, qui tente de se retrouver après une vie de silence et d'amour non avoué de la part d'une mère et de ce manque d'amour qu'à ressenti ce fils délaissé. 
Leurs deux voix vont se chevaucher afin d'ouvrir au lecteur leurs pensées, leurs doutes et leur peines. Par une pirouette du destin, Nathan reçoit un coup de fil d'une voisine de sa mère qui lui demande de revenir à Paris, pour lui rendre visite. Sa mère voudrait le voir pour lui donner huit lettres qu'elle a écrite avant que la maladie qui la ronge  à petit feu (L'Alzheimer) lui fasse perdre tous ses souvenirs. Sauf que ces lettres lui seront donné au compte goutte, lors de chacune de ces visites, espacés dans un temps précis. Ainsi, ce quarantenaire va renouer progressivement un dialogue avec cette mère qu'il a toujours trouvé froide à son égard. Sauf qu'au fil des lettres, Nathan (et le lecteur à travers lui) va comprendre d'où venait cette froideur. 
C'est un roman bouleversant, déchirant qui vous embarque pour un voyage pour lequel vous n'étiez pas préparé, je vous assure. Il vous emporte de la première à la dernière page sans que vous puissiez poser le livre une seule seconde. 
Il y avait longtemps qu'un roman ne m'avait pas fait pleurer autant (bon, le fait qu'il traite d'Alzheimer, une maladie qui me touche, n'y est pas pour rien, il est vrai), j'ai été parfois comme en apnée, le souffle court et la vue brouillée par les larmes...mais je ne pouvais pas m'arrêter de lire, devant tant de beauté. Et l'auteure n'a pas eu besoin de faire dans le pathos pour faire venir l'émotion. Non, c'est fait simplement, avec sensibilité et poésie. 
Gabrielle Tuloup prouve avec ce premier roman qu'elle a tout d'une grande auteure. Elle a su trouver la clé de mon coeur pour lui parler en douceur, avec tendresse, et ce, malgré la vie pas toujours très tendre de ces deux êtres qui essayent de se retrouver avant qu'il ne soit trop tard et que la nuit emporte la mémoire de Marthe au loin. 
Tout est réussi dans ce roman: l'histoire tenu sur un fil fragile jusqu'au bout, mais qui tient bon, les voix de ce fils et de cette mère qui prennent vie et forme devant nos yeux, avec des fulgurances de poésie dans l'écriture, tellement belle, qu'on a envie de les lire à voix haute; jusqu'à la fin, qui vous déchire le coeur et fait monter les larmes aux yeux. 
En refermant le livre, je n'ai pas pu atterrir tout de suite: j'étais comme sonné, pris d'une crise de larmes comme je n'en avais pas connu depuis longtemps. Et me demandant comment retranscrire ces émotions que l'auteure m'avait fait vivre avec des mots. J'espère les avoir trouvé afin de vous donner envie de découvrir ce roman. 

Au final, un premier roman déchirant, sur la recherche d'un lien familial entre un fils et une mère qui ne se sont jamais compris et qui essayent de se retrouver avant que la maladie emporte tout sur son passage. Ecrit d'une plume tendre, d'une finesse infinie et d'une sensibilité, qui ne plonge pas dans le pathos, on en ressort bouleversé mais conquis. En ayant l'impression qu'on a vécu un moment de grâce,et qu'on espère qu'il en restera une trace en nous à jamais. 

Merci  aux Editions Philippe Rey  pour ce joli moment de grâce.



Gabrielle Tuloup: La nuit introuvable, Philippe Rey, 152 pages, 2018