mercredi 18 octobre 2017

Au pied!

4e de couverture: l’envers de la fortune 
Etudiante sans le sou, Mathilde vient de décrocher un job inespéré : assistante de la belle et fantasque Geneviève Arcand. En franchissant la grille du château où elle doit officier, elle découvre un monde de luxe et de raffinement, à mille lieux de son quotidien: son logis à elle est le sous-sol humide d’un pavillon, qu’elle partage avec Léa, sa colocataire fêtarde. Naviguant d’un milieu à l’autre, elle se flatte de partager l’intimité de sa patronne. Mais naïve et vulnérable, elle tombe peu à peu sous son emprise. Entre fascination et perversion, la relation qui lie les deux femmes ne laissera personne indemne.
Après un premier roman percutant (Sur la réserve) qui ne m'avait pas laissé insensible, Carole Mijeon revient avec un 2e roman complètement différent mais tout aussi percutant. 

A travers le portrait de Mathilde, jeune étudiante en besoin d'argent, qui décide d'accepter un job chez une ancienne mannequin, Carole Mijeon frappe encore là où ça fait mal en traitant deux sujets forts: la vie étudiante et ses difficultés financières et la perversion narcissique et l'emprise qu'elle peut avoir sur n'importe qui. 

On va suivre le combat qui semble perdu d'avance entre Mathilde, notre jeune étudiante naïve, et Geneviève Arcand, une bourgeoise de province qui va faire d'elle son souffre-douleur, en quelque sorte. Puis, c'est également le conflit intérieur de Mathilde qui nous sera montré. 

J'ai adoré ce livre de la première à la dernière page, n'en faisant qu'une bouchée. J'ai été happé et surpris par la plume de Carole Mijeon dès le prologue: j'avais imaginé une fin différente à ce prologue où l'on fait la connaissance de Mathilde qui suit un SDF en mettant un plan au point. Je m'imaginais déjà une situation, sauf que la fin du prologue m'a détrompé lourdement et je me suis demandé comment tout cela était arrivé (puisque le premier chapitre se déroule huit mois plus tôt, par l'entretien d'embauche de Mathilde par Geneviève). 

Les personnages sont parfois à baffer, et on aime en détester certains, comme Geneviève, (qui m'a rappelé certaines personnes que je connais), cette femme vindicative, qui assoit son pouvoir jusqu'à rabaisser cette pauvre Mathilde, qui m'a fait bien de la peine (même si j'avais envie de la bousculer parfois et lui dire qu'elle se faisait des illusions). C'est par le personnage de Geneviève que les pervers narcissiques sont évoqués: et cette bourgeoise en est un beau spécimen. Elle arrive tellement à ses fins qu'elle détruit totalement la personnalité de Mathilde, qui ne fait que sombrer, mois après mois, et on assiste à sa chute, totalement impuissant, et frustré (les scènes de l'annonce de la mort du chien Agio, pour lequel Mathilde s'était pris d'affection, ou la nuit dans le cagibi, sont des moments insoutenables que je n'oublierais pas de sitôt) en se demandant jusqu'où cette sorcière de Geneviève va aller. Surtout que Mathilde se retrouve seule puisque Myriam, la femme de ménage, va devenir sa rivale, quand Mathilde va passer d'assistante à femme de ménage. Une autre petite manoeuvre de Geneviève: diviser pour mieux régner. 

Ce roman parle aussi de la condition des étudiants, qui, pour payer leurs études, font des petits boulots qui leur prennent beaucoup de temps, et qui vivent dans un petit logement insalubre parfois (là Mathilde et sa colocataire Léa (fêtarde invétérée, tout le contraire de Mathilde) habite dans le sous-sol d'un pavillon près du garage.), à manger des aliments premier prix, parce qu'elle ne peut pas s'offrir autre chose par manque de moyen. 
C'est ainsi que le lecteur passe d'un monde riche (celui de la Rochère) à un monde pauvre (le sous-sol du pavillon) et le contraste entre les deux est saisissant. On peut comprendre que Mathilde se laisse parfois tenter par l'argent et ce monde de luxe. Mais il y a le côté sombre de cette faste lumière. 

Et tout cela nous est raconté dans un style fluide et des dialogues ciselés, qui sonnent vraiment bien à nos oreilles (tellement qu'on a l'impression d'entendre la conversation des personnages, et qu'on y croit) qu'on ne peut qu'être conquis, surtout que cela est fait avec une pointe d'humour, non négligeable. Puis le twist final nous laisse sur les fesses, tout de même. Il y a un certain petit suspense que Carole Mijeon sait entretenir jusqu'au bout. Non, vraiment, rien à redire sur ce livre, à part: lancez-vous et partez à sa découverte. Vous ne le regretterez pas! 

Au final, un 2e roman tout aussi plaisant et maîtrisé, qui m'a ravi. Voilà une auteure, Carole Mijeon que je vous encourage à découvrir: sa plume est belle et ses sujets originaux et percutants  ne laissent pas indifférents. 

Merci aux Editions Daphnis et Chloé pour leur confiance et pour la découverte de ce fabuleux roman. 

Carole Mijeon: Au pied!, Editions Daphnis & Chloé, 321 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #239

En 1962, Bruce Channel nous offre un morceau aux consonances soul.

Bruce Channel: Hey! Baby (1962)


Contrairement à ce qu'aurait pu laisser penser son nom, Channel n'est pas anglais, mais américain! Né en 1940 à Jacksonville, au Texas, il signe avec ce Hey! Baby aux consonances très soul un des grands tubes de l'hiver 1962 des deux côtés de l'Atlantique (n°1 aux USA n°2 en Angleterre), la France lui réservant également un très bon accueil. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1962)", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 16 octobre 2017

Les Princes de la prairie

4e de couverture: Ce roman commence à la fin de la Guerre de Sécession aux États-Unis en 1865.
L’ouvrage a pour trame les problèmes, les amours et la vie d’un officier nordiste, face au racisme, et aux séquelles de ladite guerre.
Le tout imbriqué dans celle d’un grand chef indien métis méconnu, leur amitié face aux colons, à leur mépris, et à un gouvernement lointain aux décisions des plus arbitraires à leur encontre, une fois dans leur réserve …

Ce qui ressort du roman d'André Guinet, "Les Princes de la prairie", c'est un peu de déception, je l'avoue. 
Ce n'est pas tant le fond qui me chagrine, mais la forme: en fait, en lisant ce livre, j'ai cru être en présence d'un livre pour jeunes adolescents, qui leur raconterait l'histoire de ces indiens chassés de leur territoire et parqué dans des réserves, après la Guerre de Sécession. Alors, c'est peut être le cas, puisque des dessins et photo illustrent les courts chapitres de ce roman. 
L'histoire en elle même raconte bien les étapes de cette conquête de l'Ouest et surtout de ces indiens que l'on a chassé de leur terre, mais cela est fait de manière succincte et dans un style très simple (voire peut être trop simple) qui ne m'a pas vraiment embarqué, surtout que les personnages sont a peine effleuré que ce soit John, Silver, ou Quanah ce  chef indien mulâtre. Puis, je n'ai pas vraiment appris des choses car je les connaissais déjà de par d'autres lectures ou par le cinéma. 
En fait, je pense clairement que ce livre ne s'adressait probablement pas à moi, mais plutôt à un jeune lectorat. Des jeunes lecteurs de 10-12 ans, s'intéressant aux indiens et à l'histoire américaine,pourront tout à fait y trouver leur compte et apprendre certaines choses qui leur donneront surement  envie d'aller plus loin avec d'autres lectures. 

Au final, un petit roman trop succinct pour moi, qui ne m'a pas permis d'embarquer dans ces contrées sauvages. C'est fort dommage car le sujet est des plus intéressants. 

Merci aux Editions Persée pour la découverte.

André Guinet: Les Princes de la prairie, Editions Persée, Collection "Les Archives du temps", 106 pages, 2017


dimanche 15 octobre 2017

Stone Junction

4e de couverture:  Depuis sa naissance, Daniel Pearse jouit de la protection et des services de l'AMO (Association des magiciens et outlaws), géniale et libertaire société secrète. 
Sous le parrainage du Grand Volta, ancien magicien aujourd'hui à la tête de l'organisation, le désormais jeune homme va être initié à mille savoir hors normes, de la méditation à la pêche à la mouche, du poker à l'art de la métamorphose, en passant par le crochetage express et l'invisibilité pure et simple. Mais dans quel but ? Celui de l'aider à retrouver (et à faire payer) l'assassin de sa mère... ou celui de dérober un mystérieux - et monstrueux - diamant détenu par le gouvernement, rien moins, peut-être, que la légendaire pierre philosophale ? 
À ces deux missions inextricablement liées s'ajoute en creux, la quête primordiale de Daniel : celle qui lui permettra de découvrir qui il est vraiment. Et peu importent les moyens qu'il lui faudra employer pour l'accomplir. 

Le troisième roman de Jim Dodge est un véritable OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) avec lequel je ne sais pas sur quel pied danser. 

J'arrête pas d'y penser depuis que j'ai tourné la dernière page: qu'ai je penser de ce livre? Difficile à dire et difficile de vous en parler. Ce roman n'est pas dénué de qualité (le style fluide de l'auteur fait qu'il se lit facilement et on tourne les pages rapidement (pour vous dire les 150 premières pages ont été lu en une petite journée, et pourtant, je travaillais, donc peu de temps pour lire), les personnages de Daniel et Annalee, sa mère, sont très attachants (ce sont essentiellement eux que nous suivons dans la première partie) et on a envie de les suivre dans leurs escapades. Puis, cette histoire avec l'AMO (Alliance des Magiciens et Outlaws) est des plus intriguantes et leurs membres (dont le lecteur fait la connaissance au fil du roman) fait qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde...oui, mais voilà qu'arrive la seconde partie, et là, patatras! 
Cette seconde partie est centrée sur l'apprentissage de Daniel dans plusieurs disciplines (au sein de l'AMO) dont l'ouverture des serrures de coffre fort, l'apprentissage du poker, celui du déguisement et d'autres disciplines pour faire de lui un voleur. Cette partie là a été la plus longue à lire pour moi (quatre jours pour atteindre la page 300). J'ai trouvé cette partie beaucoup plus lente, non pas qu'elle soit inintéressante (l'apprentissage du poker par exemple a été l'une de mes parties préférées). Mais j'ai ressenti un léger ralentissement, et j'ai trouvé cela un peu longuet. 
 La 3e partie relance la machine (la partie avec le diamant): le rythme était de nouveau haletant, même si certains éléments de l'histoire me laissait un peu perplexe. On suit toujours Daniel, Volta (celui qui est tout en haut de l'échelle de l'Alliance des Magiciens et outlaws), et d'autres membres de cette association, mais certains passages, comme ces extraits d'émissions de radio par un certains D.J. ou ces extraits de journaux intimes de Jennifer Rane, jeune femme enfermée dans un hôpital psychiatrique, me laissait un peu perdu (même si je me doutais bien qu'à un moment où à un autre tout serait lié. (Et c'est bien le cas). 
Non, ce qui m'a dérangé dans cette partie là, c'est le côté trop fantasmagorique qui s'invite dans cette partie avec cette histoire d'invisibilité. L'histoire devient alors fantastique et n'est plus ancré dans une réalité. Et c'est là où le risque est grand car soit le lecteur adhère a cet aspect fantastique (magique oserais je dire) du roman, et c'est parfait, soit il reste sur le bord de la route et patatras, tout s'effondre.
Pour ma part, je suis entre les deux: croire aux choses magiques ne me dérange pas, mais il y a certains aspects de cette magie que j'ai trouvé un peu artificiels et un peu facile (mais je ne peux  pas vous dire en quoi, ce serait vous spoiler...grrr), comme si l'auteur se disait: c'est de la magie, donc ça passe...sauf que les premières parties étaient ancrée dans une certaine "réalité" somme toute relative, car on est souvent dans l'ordre du conte, mais dans une Amérique qui existe tout de même. AHHHH! je me perds dans mes explications et je ne sais pas si je suis très clair! 
Voilà pourquoi, je suis dubitatif, car je ne sais pas dans quel genre ranger le bouquin. ce qui en fait clairement un OLNI, que j'ai trouvé bon et qui m'a plu dans l'ensemble (même si j'ai trouvé des lenteurs) mais qui n'est pas non plus le chef d'oeuvre que l'on dit un peu partout. D'ailleurs, je remercie ma libraire, qui l'ayant lu avant moi, a un peu refroidi mes attentes;et tant mieux car la déception n'est pas au rendez-vous, ne m'attendant pas à lire le livre grandiose auquel je m'attendais. C'est un bon livre avec lequel on passe un bon moment, pour peu que l'on adhère au côté fantastique de l'histoire. 

Au final, un roman d'apprentissage, aux accents Marktwainien dans sa première partie (il m'a beaucoup fait penser à Tom Sawyer et Huckleberry Finn) qui part un peu dans tous les sens par la suite. Pour ma part, je suis encore à me demander ce que ce livre m'a fait ressentir, surtout devant cette fin très "What?" qui me pose encore question. 

Merci aux Editions Super 8 pour cette étrange découverte.

Jim Dodge: Stone Junction, (Stone Junction), Super 8 Editions, 707 pages, 2008 pour la première édition en France, 2017 pour la présente édition.


Slow Qui Tue #334: San Francisco

Le slow qui tue de la semaine vous emmène à San Francisco.

Scott McKenzie: San Francisco



Bonne écoute!


mercredi 11 octobre 2017

La Discothèque du 20e siècle #238

En 1958, Annie Cordy adaptait avec brio, la musique du film du "Pont de la Rivière Kwaï"

Annie Cordy: Hello, le soleil brille (1958)


Oeuvre superbe sur les absurdités de la guerre, Le pont de la rivière Kwaï remporte 7 Oscars à Hollywood en 1958. Ce véritable triomphe est bien sûr lié au scénario, adapté du roman de Pierre Boulle, et la qualité des acteurs (notamment, Alec Guiness), mais il tient aussi à la musique à cette marche écrite par le mamjor F.J. Ricketts (sous le pesudonyme de Kenneth Alford), chef de fanfare du 2e bataillon des Argyll and Sutherland Highlanders.
Annie Cordy, impressionnée par les images de David Lean, demande aussitôt à Robert Chabrier d'écrire des paroles. C'est ainsi que Hello le soleil brille devient l'un des plus grands succès des années 50 et sera même adaptée en anglais. (Source: Fascicule "Les plus belles chansons françaises n°42 (1958)", Editions Atlas)

Bonne écoute!


dimanche 8 octobre 2017

Les coeurs brisés ont la main verte

4e de couverture: Amitié, amour et bouturage, rien de tel qu'un cours de jardinage pour réparer le coeur brisé d'une jeune mère de famille ! Plein de charme, d'authenticité et de douceur, un roman que l'on voudrait ne jamais refermer.
Chargée d'illustrer une encyclopédie botanique, Lili, graphiste de trente-quatre ans, se retrouve inscrite bien malgré elle, par sa boss, à un stage d'initiation à l'art du jardin. 
Problème numéro un : Lili n'a jamais rien fait pousser d'autre que des mauvaises herbes. Problème numéro deux : cette timide et indécrottable citadine peine à quitter le cadre rassurant de son foyer depuis le décès de son mari adoré, trois ans plus tôt. Comment pourrait-elle affronter des inconnus armés de binettes et de râteaux ?
C'est chaussée de ses plus belles bottes en caoutchouc que Lili se résout à faire face à son destin. Non sans embarquer avec elle ses deux chipies de filles, et Rachel, sa soeur cadette drôle et sexy. Rempotage, compostage et arrosage... Alors que peu à peu les apprentis jardiniers se dévoilent, Lili ne va pas tarder à découvrir les incroyables vertus du terreau sur les coeurs brisés.

Les Coeurs brisés ont la main verte est le roman feel-good par excellence, c'est vrai, car il fait un bien fou. Mais il est tellement plus  que ça! 

En recevant ce livre, je savais qu'il allait me plaire. J'ai eu confirmation dès les premières pages lues mais...je ne pensais pas qu'il allait provoquer autant d'émotions en moi. Ce roman fait du bien, mais il fait aussi réfléchir, sur le sens de la vie, sur la reconstruction de celle ci (la vie) après un deuil. L'héroïne, Lili a perdu son mari dans un accident de voiture, il y a cinq ans et elle n'a pas encore réussi à "faire son deuil". Elle s'occupe de ses filles, aidée en cela, par sa soeur qui répond toujours présent, mais a fait une croix sur sa vie amoureuse, car elle est toujours amoureuse de son  mari disparu, Dan (qui a une place importante dans le roman, malgré son absence). 
La force de ce livre, ce sont les personnages attachants de ce petit groupe de jardiniers en herbe, qui se retrouvent chaque samedi lors d'un stage que donne Edward Bloem, et où Rachel est forcé d'aller parce qu'on lui a demandé d'illustrer un livre de jardinage. J'ai aimé tous ces personnages, que ce  soit le couple Eloïse et Frances, anciennes professeurs, Gene, un retraité de la finance, Mike, un jeune surfeur (qui cache bien des choses que je vous laisserai découvrir), Angie, une mère de famille divorcée, qui vient accompagné de son fils de 5 ans Bash, Rachel ,la soeur de Lili, et donc Lili et ses deux petits filles Clare et Annabel. J'ai ri avec eux devant leurs (mes)aventures, j'ai pleuré devant la détresse de Lili, qui se débat encore avec ses cauchemars, j'ai fondu devant Clare, petit bout de chou de 5 ans, à la répartie imparable. J'ai passé des moments formidables avec ce livre qui fait du bien! (je le répète, mais c'est vrai. Ce livre, c'est un vrai baume pour le  coeur!) 

Abbi Waxman a trouvé le ton juste pour parler du deuil: cela aurait pu être larmoyant, mais dans le sens surjoué et forcé, en vous disant: "tiens, là, vous devez pleurer!". Non, pas du tout, elle parle sans tabou du deuil,et surtout sans pathos, avec les mots adéquats et sans vous en rendre compte, vous sentez une larme couler le long de votre joue. Bravo, madame Waxman pour ce petit tour de magie (et à la traductrice Julia Taylor d'avoir su trouver la formule dans notre belle langue pour nous la transmettre). 

Le seul petit bémol que je pourrais trouver à ce livre sont les passages sur le jardinage que l'on trouve entre deux chapitres et qui vous explique comment préparer votre jardin et y faire pousser haricots, carottes et autres navets. Cela n'est certes pas inintéressants et ils illustrent la future encyclopédie que doit illustrer Lili...mais je trouve que cela casse le rythme du livre et peut vous couper l'émotion que vous venez de ressentir dans le chapitre précédent. Mais bon, c'est juste un petit détail. Peut être vaut il mieux lire ces passages après la lecture du roman, si ceux ci nous intéressent, bien évidemment. 

En refermant le livre, j'ai ressenti déjà comme un manque et j'ai été triste de quitter tout ce petit groupe qui m'a fait vivre trois jours d'émotions intenses, entre rires et larmes.Mais je sais qu'un jour, je reviendrai faire un tour chez Lili, en reprenant le livre pour une éventuelle relecture. 

Au final, un roman qui fait du bien, mais pas que: il nous parle également du deuil de manière sincère et émouvante, de sa vie à reconstruire, d'enfants heureux, d'amour retrouvé. Il nous fait passer par plusieurs émotions: on rit aux éclats, on pleure également. On vit avec tous ces personnages intensément, tout simplement. Il est certain que Les Coeurs brisés ont la main verte gardera une place particulière dans mon coeur...et j'espère qu'il saura y trouver une place dans le vôtre. 

Merci aux Editions Belfond pour ces jolis moments de joies et d'émotions fortes.



Petite nouvelle: les éditions Belfond organisent une petite chasse au trésor autour de ce livre, le jeudi 12 octobre 2017.N'hésitez pas à aller également sur les réseaux sociaux de la maison d'édition pour avoir quelques infos et indices sur cette petite chasse au trésor. 

Editions Belfond (page facebook)


Editions Belfond  (Twitter)


Abbi Waxman: Les Coeurs brisés ont la main verte, (The gardens of small beginnings), Belfond, 360 pages, 2017


Slow Qui Tue #333: Faire à nouveau connaissance

Le slow qui tue de la semaine voudrait faire à nouveau connaissance avec l'être aimé n'importe où.

Diane Tell: Faire à nouveau connaissance




Bonne écoute!


vendredi 6 octobre 2017

Rentrée Littéraire #12: Paysage perdu

4e de couverture: C'est avec un mélange d'honnêteté brute et d'intuition acérée que Joyce Carol Oates revient sur ses jeunes années. Son enfance pauvre dans une ferme de l'État de New York fourmille de souvenirs : ses parents aimants, ses grands-parents hongrois, les animaux, la végétation, le monde ouvrier, l'école. Ces années lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l'imagination de la jeune fille qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où les enfants sont battus par un père ivrogne qui y mettra le feu ; sa camarade Cynthia, ambitieuse élève qui se suicidera à l'âge de dix-huit ans ; sa soeur cadette autiste, Lynn Ann, qui deviendra violente au point de dévorer littéralement les livres de son aînée... 
Joyce Carol Oates explore le monde à travers les yeux de l'enfant et de l'adolescente qu'elle était, néanmoins consciente des limites de sa mémoire après tant d'années. Cette lectrice d'Alice au pays des merveilles sait que la vie est une succession d'aventures sans fin, qui voit se mêler comédie et tragédie, réalité et rêverie. 
La plume toujours ciselée, l'oeil aiguisé, Oates arpente un endroit et un temps oubliés qui virent la naissance de l'écrivain qu'elle est devenue, un voyage captivant qui ne manquera pas de renvoyer son lecteur à ses propres paysages perdus.


A près de 80 ans, la grande Joyce Carol Oates s'est penchée avec honnêteté sur ses souvenirs d'enfance, d'adolescence jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. 

Il va m'être difficile de parler de ce livre avec objectivité, puisque je suis déjà un lecteur conquis de cette grande dame de la littérature américaine, depuis presque 8 ans. Autant vous dire que je me suis plongé avec délice dans ces mémoires dans lesquelles je suis entré avec facilité et sans appréhension, comme cela peut l'être avec l'un de ses romans. 
En effet, Joyce Carol Oates parle sans fard de son enfance qui ne fut pas aussi noire que ce qu'elle peut raconter dans ses romans. Elle a eu une belle enfance, entourée de parents aimants et de grands-parents tout aussi protecteurs. En fait, son enfance et son adolescence fut comme beaucoup d'enfance, sans trop de heurts et de drames. (Les drames, elle les a plutôt connue par l'intermédiaire de voisins ou d'amies d'enfance et d'adolescence). 

Constituée d'une trentaines de textes, qu'elle a écrit sur une vingtaine d'années, pour différents journaux, et qu'elle a parfois réécrit pour les compulser dans cet ouvrage, Joyce Carol Oates parle sans fard de la petite fille qu'elle a été dans les années 40. (Mais en parlant d'elle, elle parle aussi d'une Amérique au paysage perdu, celle des années 40-50, bien différente de ce que l'amérique est devenue maintenant. En ce temps là, surtout en campagne, la vie s'écoulait paisible, et on ne savait pas tous les drames et malheurs qui arrivaient, même chez les voisins les plus proches. Les familles ne parlaient pas non plus des secrets qui pouvaient hanter leur famille (et la famille Oates en avait certains, comme la mort du grand-père maternel de Oates, lors d'une bagarre et qui déboucha, sur l'abandon de sa mère, que sa grand-mère confia à sa soeur. C'est ainsi que les grand-parents de la petite Joyce ne sont que des grand-parents adoptifs.Malgré l'amour qu'ils ont porté à Carolina Oates, la mère de Joyce, celle ci a toujours eu ce sentiment d'abandon maternel, jusqu'à la fin de sa vie. 

Avec pudeur (le texte sur sa soeur Lynn Ann, atteint d'autisme est d'une beauté pudique absolue), tendresse (le portrait qu'elle dresse de ses parents est fort touchant) mais aussi lucidité (J.C. Oates connait les tours que nous jouent notre mémoire et qu'on ne se souvient pas de tout dans les moindres détails et qu'il faut parfois broder (elle écrit dans sa postface, que la Joyce dont elle parle dans ce récit est parfois un personnage de fiction à part entière), Joyce fait  des choix en piochant dans sa mémoire certains faits qu'elle a vécu(comme de parler d'une de ses meilleures amies Cynthia, qui se suicidera) ou de Helen Dunn, qui fut l'une de ses petites voisines et amies, et qui vécut un drame atroce). Pourquoi ce choix plutôt que d'autres...parce que ce sont ces événements et ces amies qui sont revenus à la mémoire de Joyce Carol Oates). 

Bien évidemment, on retrouve le style de Mrs Oates et qui fait d'elle le grand écrivain que j'aime, comme le fait de choisir le "tu" pour s'adresser à la petite fille qu'elle était dans le chapitre concernant l'une des activités de son père qui peignait des enseignes de commerces(Les Enseignes de Fred). Ou bien de choisir comme narrateur, un poulet qu'elle prénommait Heureux, pour nous parler de la petite fille qu'elle était (car l'on sait très bien que les premiers souvenirs de la vie n'arrivent souvent que vers l'âge de 5/6 ans, et qu'avant, il n'y a que des flashs. De ces premières années, elle se rappelle de ce poulet "Heureux" et je pense que c'est pour ça qu'elle lui donne "la parole" dans l'un des premiers textes de ces mémoires"("Heureux le Poulet: 1942/1944"). 

Comme je le disais plus haut: en parlant d'elle, Joyce Carol Oates, parle surtout de cette Amérique perdue (celle des années 40 jusqu'aux années 60 (et les émeutes qu'elle connue à Détroit alors qu'elle était jeune mariée et professeur) et qui ne reviendra pas. 
C'est tout simplement l'un des textes les plus beaux et touchants que j'ai lu dans ma jeune vie. J.C. Oates se penche sur ses jeunes années pour nous les confier, avec tout le talent qui la caractérise. 
Alors je ne suis pas objectif, puisque je suis un admirateur de cette grande dame des lettres, mais ce livre ravira les admirateurs de Joyce Carol Oates, qui la découvriront autrement qu'à travers ses romans; mais il pourra aussi être découvert par les néophytes de J.C. Oates, qui voudrait la découvrir mais ont peur de se plonger dans ses romans. 
L'un des textes les plus touchants qui revient sur l'enfance d'une grande dame de la littérature américaine, qui j'espère, aura le prix Nobel de Littérature pour son oeuvre magistrale et toujours aussi prolifique, même à près de 80 ans. Elle le mérite amplement. 

"Au commencement, nous sommes des enfants imaginant des fantômes qui nous effraient. Peu à peu, au cours de nos longues vies, nous devenons nous mêmes ces fanttômes, hantant les paysags perdus de notre enfance." (p.15)

Merci aux Editions Philippe Rey pour ce voyage dans le pays perdu de l'enfance de mon auteure favorite. 

Joyce Carol Oates: Paysage perdu, (The Lost Landscape), Editions Philippe Rey, 421 pages, 2017














mercredi 4 octobre 2017

La Discothèque du 20e siècle #237

En 1955, Eddie Constantine formait un duo touchant avec sa fille.

Eddie et Tania Constantine: l'Homme et l'enfant (1955)



Un accent américain et un regard de beau ténébreux, il n'en a pas fallu plus à Eddie Constantine, aussi bien sur les plateaux de cinéma (Lemmy Caution) que devant un micro (Cigarettes, whisky et petite pépées) pour conquérir les coeurs. Ici, Eddie Constantine changeait quelque peu de style: c'est en effet avec sa fille Tania qu'il a interprété L'Homme et l'enfant. Le plus gros succès de l'année 1955 avec Les Lavandières du Portugal. ((Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°47", Polygram Collections)

Bonne écoute!


dimanche 1 octobre 2017

Rentrée Littéraire #11: La Maison de Petichet

4e de couverture: Deux sœurs, Alma et Jessica – rivales mais inséparables, éprises de vérité mais capables de tous les mensonges –, sont unies au point d’aimer le même homme, Jacques.
D’été en été dans la maison familiale, on rit, on pleure, on chante, on crie, on se jette tout à la figure, objets, insultes, « csardas », les remords valant mieux que les regrets.
Un roman plein de vie, d’optimisme lucide.

L'année dernière, j'avais découvert la plume d'Evelyne Dress avec son roman Les Chemins de Garwolin qui m'avait laissé un sentiment mitigé. 
Qu'elle n'a pas été ma surprise de voir débarquer chez moi "La Maison de Petichet, dernier roman de l'auteure paru ces derniers jours aux Editions Glyphe. Ce fut donc l'occasion de retenter ma chance avec l'univers de l'auteure, qui avait su me charmer avec son style.

Je dois dire qu'avec ce roman, il n'y a point de sentiment mitigé: j'ai beaucoup aimé et je n'ai pas pu me défaire de ce livre qui a rythmé mon samedi. Je n'en ai fait qu'une bouchée.
Qu'est ce que j'ai aimé l'univers estival de ce petit coin de campagne. Dès les premières phrases, on est emporté dans cette maison où l'on se sent bien.

Le lecteur part à la découverte d'Alma, la narratrice, qui dès l'âge de 10 ans, connait déjà les affres de l'amour en tombant amoureuse de Jacques, le jeune voisin de sa grand-mère, un adolescent de 18 ans (le même âge que la soeur aînée d'Alma, Jessica). Chacune des deux jeunes filles va tomber amoureuse de ce beau garçon et une rivalité va se mettre en place entre elles, pendant plusieurs années.

En effet, le romanse déroule sur près de vingt ans, mais ne va se concentrer que sur les étés passés  à la maison de Petichet, où la famille d'Alma se retrouve durant les vacances. On va alors suivre, Alma et son histoire d'amour tumultueuse avec Jacques, qui va répondre à son désir, tout en se fiançant avec Jessica,la soeur d'Alma.
Certes, le coeur central du roman se concentre sur la rivalité des deux soeurs aimant le même homme (Jacques), mais il ne faudrait pas oublier Roji, la grand-mère, séparé de son mari Sandor depuis des années, mais qui garde un lien avec lui, quitte à accepter la nouvelle femme de sa vie. Il y a aussi Fanny, l'amie d'enfance de Rébecca, la mère d'Alma et de Jessica, qui peu à peu va se libérer de l'emprise de son mari (elle va ainsi représenter le féminisme du roman et l'émancipation des femmes, qui va connaitre une apogée, à la fin des années 60, début 70).

On pourrait trouver amoral le comportement d'Alma, qui fait tout pour vivre son amour avec Jacques, quitte à détruire la vie de sa soeur et des personnes qui l'entourent, on pourrait la traiter d'égoîste, mais je n'ai pas réussi à la détester complètement. Pour moi, le plus fautif dans l'histoire, c'est jacques, qui répond au désir d'Alma tout en demandant sa soeur Jessica, en mariage et tout ça parce qu'il trouve qu'il y a une trop grande différence d'âge entre eux deux. Alors, c'est vrai que c'est l'époque qui veut ça et qu'avec mes yeux d'homme des années 2000, je trouve que cette excuse ne tient plus mais peut être compréhensible pour l'époque...mais cela n'a pas sauvé le personnage de Jacques à mes yeux, qui se sert des deux soeurs pour assouvir son désir et son plaisir.

Ce roman est  foncièrement féminin et féministe: il parle du désir, de l'émancipation de la femme, de son indépendance, de ses choix. La voix d'Alma est à la fois, douce, grinçante, et violente à notre oreille, mais on se laisse embarquer dans cette histoire jusqu'au point final. J'ai été charmé de bout en bout par cette maison à Petichet.

Au final, un joli roman qui montre des personnages féminin forts, attachant,et malgré un côté peste fort prononcé chez Alma,  qui pourrait agacer, tous ces personnages féminins, ont réussi à me charmer. Je vous encourage vivement à partir à la découverte des femmes de la famille d'Alma et d'aller passer un petit moment dans cette maison de Petichet, qui réussira, j'en suis sûr, à vous charmer.

Merci aux Editions Glyphe pour ce joli moment passer à Petichet.
Merci à l'auteure, Evelyne Dress, pour la touchante dédicace.

Evelyne Dress: La Maison de Petichet, Editions Glyphe, 220 pages, 2017



Slow Qui Tue #332: I Love You

Le slow qui tue de la semaine parle d'un amour impossible.

Tanita Tikaram: I Love You




Bonne écoute!


vendredi 29 septembre 2017

Rentrée Littéraire #10: Le club des pendus

4e de couverture: À Londres, les bourreaux sont de retour.
Ils ont décidé de rétablir la peine capitale.
Ils forment un étrange club avec pour modèle le célèbre bourreau anglais Albert Pierrepoint, responsable de plus de quatre cent cinquante exécutions au siècle dernier. Et c’est par la corde qu’ils ont décidé de punir violeurs d’enfants, chauffards et autres délinquants qui réussissent à échapper au système judiciaire.
La conscience du détective Max Wolfe le tourmente.
La justice est-elle vraiment là où on le croit ? Qui sont ces citoyens-vengeurs ? Pour y répondre, Max devra s’enfoncer dans les entrailles de la ville, là où les vestiges du passé ont encore une emprise sur les vivants.
Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le bien et le mal se confondent.

3e volet des enquêtes de Max Wolfe, ce "Club des Pendus" frappe fort d'entrée de jeu et ne s'arrête pas de surprendre jusqu'à la fin. 

Pour ma part,c'est ma première incursion dans l'univers de Tony Parsons et celui de son héros, Max Wolfe. Alors, je vous rassure, même si il y a certaines allusions au passé de Max Wolfe en ce qui concerne sa vie personnelle, cela ne gâche en rien la lecture de ce polar, que vous pouvez lire sans avoir lu les premiers. 
Dès les premières pages, on est plongé direct dans l'horreur avec une première scène choc qui vous glace le sang, mais qui vous happe pour ne plus vous lâcher. Honnêtement, si j'avais été en vacances, j'aurai littéralement englouti ce polar qui peut se lire d'une traite (quand on a du temps, sauf que quand on travaille, on pose le livre à regret et on n'a qu'une hâte: y retourner pour savoir la suite). 

Le thème du roman (la loi du talion ou comment se faire justice soi-même quand la justice n'inflige pas les peines méritées aux assassins) est très dérangeant et nous fait nous poser des questions: doit on être pour les Bourreaux ou pour les victimes, qui sont de purs salauds. On oscille toujours entre les deux, et j'ai souvent été pris entre deux feux. 
Heureusement que l'intègre Max Wolfe est là pour dire que la justice est la même pour tous et que simples innocents ou immondes salauds, tous ont le droit à la même protection de la police, et que les Bourreaux qui se veulent Justiciers, sont tout de même des meurtriers aux yeux de la loi. 
Tout ça, l'auteur l'a très bien retranscrit tout au long du roman, qui, sans temps mort va nous questionner, nous harponner et nous surprendre. 

Qu'est ce que j'ai aimé les personnages de ce roman: en premier lieu, Max Wolfe, flic intègre qui tente tant bien que mal de gérer sa vie de flic et son rôle de père célibataire: sa fille, la petite Scout est adorable et on fond carrément devant elle. Il y a aussi l"inspectrice en chef Withestone, qui va vivre un événement des plus tragiques: son fils va perdre la vue après avoir reçu une bouteille en plein visage lors d'une bagarre. Elle va alors se concentrer sur son fils, en laissant Max prendre en charge l'affaire des Bourreaux. J'ai trouvé cela intéressant de se pencher sur la vie personnelle d'un des autres membres de l'équipe, surtout que celui ci avait une certaine répercussion avec l'affaire qui les occupait. Ben oui, Whitestone aurait pu vouloir se faire justice elle-même après avoir appris que les agresseurs de son fils ne seraient pas arrêtés. 
J'ai beaucoup aimé suivre toute cette équipe, de Max Wolfe, à Whitestone, en passant par Eddie Wren et Billy Greene (même si ceux ci sont moins développés niveau personnel, ils existent et on s'attache à eux. Et qui sait peut être que leur vie personnelle sera plus mis en avant dans des prochains tomes). 
En tout cas, j'aime bien dans un polar, suivre toute une équipe de flics, plutôt que l'histoire nese concentre que sur le héros. 

L'autre particularité de ce roman est ce voyage au coeur de Londres qu'il nous permet de vivre: la ville est un personnage à part entière et le côté historique de la ville prend une place importante puisque Albert Perrepoint, bourreau anglais du XXe siècle, qui sert de modèle aux bourreaux du livre, a une place prépondérante et l'auteur revient sur son parcours mais surtout sur le lieu de ces méfaits que je garderai secret pour ne pas dévoiler l'intrigue (on est dans un polar tout de même). Mais j'ai adoré découvrir Londres et son histoire à travers cette enquête où rien n'est laissé au hasard. 
Ce fut donc un plaisir de découvrir une nouvelle plume du polar anglais et un personnage fort attachant en la personne de Max Wolfe. 

Au final, un polar, assez dérangeant, mais qui nous fait nous poser plein de questions, sur le sens de la justice, la loi du talion. Des personnages attachants, une enquête maîtrisée de bout en bout qui nous réserve des surprises jusqu'à la fin. Des histoires qui trouvent leur conclusion à la fin du livre. Non, tout est parfait dans ce polar qui m'a fait passer des heures d'angoisse et de plaisir. Un auteur que je vous encourage vivement à découvrir. 
Pour ma part, je n'ai qu'une envie: découvrir les deux premières enquêtes de Max Wolfe afin de savoir ce qui lui est arrivé avant ce "Club des Pendus". 

Merci aux Editions de la Martinière pour la découverte de Tony Parsons et de son héros Max Wolfe.

Tony Parsons: Le Club des Pendus, (The Hanging Club), Editions la Martinière, 330 pages, 2017


mercredi 27 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #236

En 1998, un groupe du Sentier se fait connaître avec ce "grand pardon".

Dabbatcha'zz: le Grand pardon (1998)


Ça commence comme un slow au parfum des années 80, puis les scratches annoncent la couleur: nous sommes plongés dans un rap en français sombre et lancinant: Une histoire fatale/Trop de larmes ont coulé...Particularité de ce groupe atypique: il était né dans le Sentier plutôt que dans le 93, le fief de NTM; d'où ce titre évidente référence au Yom Kippour et au film d'Alexandre Arcady avec Roger Hanin! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1998", Polygram Direct)

Bonne écoute!



lundi 25 septembre 2017

Rentrée Littéraire #9: Tout sur le zéro

4e de couverture: C’est l’histoire de Paul, Blaise, Éloïse, Charlène et Grégoire, Martine ou Jacques, et finalement de tous ceux que l’addiction au jeu rassemble autour de la roulette des Casinos, ici de la côte atlantique. C’est l’histoire de ce défi répété à la face du destin où chaque fois on rejoue sa vie, une manière, pour peu qu’on s’y penche, de mieux s’explorer. C’est l’histoire de la souffrance humaine, qu’on croit un temps dissipée par le vertige du jeu.

Pierre Bordage délaisse la science-fiction pour s'offrir (et nous offrir) une petite parenthèse dans la littérature contemporaine et nous invite à entrer dans l'univers des Casinos. 
J'ai découvert la plume de Pierre Bordage, cette année, avec son premier roman Fantasy, "Arkane". J'avais beaucoup aimé l'univers qu'il avait mis en place et sa plume. En voyant qu'un autre livre allait sortir pour la rentrée, ni une, ni deux, j'ai voulu le découvrir...et je ne le regrette aucunement. 

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi vite: une petite journée, pour faire la connaissance de Paul, Blaise, Eloïse et Charlène.
Pourtant, le début a été détonnant, de par le style choisi par l'auteur: chaque chapitre est constitué d'une seule et même phrase, sur une dizaine de pages, les virgules donnant le rythme à cette "phrase interminable". 
Alors, je vous rassure, il ne faut qu'une vingtaine de pages, pour trouver son propre rythme et le style n'est plus un problème. Ainsi, on peut pleinement profiter de l'histoire et des personnages, nombreux, certes, mais certains ne font qu'un court passage. Seuls 4 personnages, cités plus haut, sont plus développé: Paul, soixantenaire, peintre et veuf, Blaise, la cinquantaine, qui vient de perdre sa femme d'un cancer et qui se retrouve  à élever ses enfants seul; Eloïse, une femme apparemment riche, marié à un homme élevé dans la tradition chrétienne, et Charlène, jeune trentenaire, qui travaille dans un supermarché et qui vient au Casino lors de sa pause. 
Ces quatre personnes esseulés, se retrouvent au Casino de Châteaux L'Envieux, et commencent à sympathiser, près des roulettes électroniques où ils jouent parfois des sommes folles. Progressivement, le lecteur va entrer dans leur vie et voir les couples se faire et se défaire. 

J'ai été happé très rapidement par l'histoire et n'ai pas pu lâcher le livre. Pierre Bordage décrit avec justesse l'univers de ce Casino et parle avec tendresse mais aussi tristesse, du jeu et de l'addiction qu'il provoque. Les personnages qui viennent au casino dans ce roman ne peuvent s'empêcher d'y revenir, quitte à jouer des sommes folles. Mais c'est comme une drogue, mais aussi un moyen de combler leur solitude. Car, que ce soit Paul, Blaise, Eloïse, Charlène, mais aussi Martine, dont le frère est en phase terminale d'un cancer, ou Christophe, qui a emporté toute la famille, dont son fils, dans sa passion du Casino, ils sont infiniment seuls. C'est d'ailleurs ce qui les rend touchants et que je n'ai pas eu envie de les quitter. 
Le rythme installé par Pierre Bordage dans son roman est comme plusieurs tours de roulette, on se laisse bercer par ce tourniquet, à regarder la petite bille s'élancer et espérer qu'elle retombe sur les numéros espérés. 

Alors, je vous rassure, il n'est pas besoin d'aimer le jeu et les Casinos pour apprécier ce roman: les casinos sont des lieux inconnus pour moi et je ne connais rien au jeu de la roulette; cela ne m'a pas empêché de dévorer ce roman quasi d'une traite, tellement les personnages sont attachants et l'histoire captivante, et ce, sans rebondissement intempestif. 

Au final, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre. Il nous parle de l'univers des casinos, par le prisme de ces joueurs compulsifs, qui n'ont que le jeu en tête, et ce, pour combler leur solitude grandissante. C'est beau, touchant, triste, il est vrai. Pourtant on continue notre lecture, comme hypnotisé par cette petite bille, qui s'envole et vole sur cette roulette pour atteindre, le zéro tant espéré par nos petits héros. 

Merci aux Editions du Diable Vauvert pour cette très belle découverte. 

Pierre Bordage: Tout sur le zéro, Editions Au diable Vauvert, 264 pages, 2017


dimanche 24 septembre 2017

Slow Qui Tue #331: Petit Franck

Le slow qui tue de la semaine tente de rassurer un petit orphelin.

François Feldman: Petit Franck



Bonne écoute!


samedi 23 septembre 2017

Rentrée Littéraire #8: Max et la grande illusion

4e de couverture: Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d'une amitié improbable entre un enfant aux rêves plein la tête et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d'émotion, de drôlerie et d'une irrésistible tendresse.
Avant d'être un vieillard cynique et désabusé, Mosche, fils du rabbin Goldenhirsch, était le Grand Zabbatini, un illusionniste de génie. Ah, ça, il fallait le voir envoûter les foules sur les plus prestigieuses scènes européennes ! Les grands de ce monde comme les petites gens, tous, même le chancelier Hitler, se pressaient à ses spectacles.
Et puis il y eut la guerre, les camps, la honte, la fuite, l'oubli. Et Mosche coule désormais des jours mornes dans une maison de retraite miteuse à Los Angeles.

Ce qu'il ignore, c'est que quelqu'un le cherche.

Depuis que ses parents lui ont annoncé leur intention de divorcer, Max, dix ans, a le coeur brisé. L'espoir renaît le jour où il tombe sur un vieux vinyle. Sur la pochette, un drôle de personnage et un titre intrigant, Le Sortilège de l'amour éternel. La voilà, la solution ! S'il parvient à reproduire le tour, ses parents se réconcilieront. Max n'a bientôt plus qu'une idée en tête : retrouver ce magicien, le Grand Zabbatini...

Petit conseil: ne lisez que les premières lignes de la 4e de couverture si vous voulez garder le charme de la découverte. 

Le premier roman d'Emanuel Bergmann est une invitation au voyage dans la grande illusion. 
Ce conte des temps modernes nous entraîne entre le Prague du début du XXe siècle jusqu'au Los Angeles du XXIe siècle à la rencontre de deux personnages forts sympathiques et touchants: Mosche Goldenhirch (qui deviendra le grand Zabbatini), un juif tchèque qui va traverser la Seconde guerre mondiale et le petit Max, un américain dont les parents sont en pleine instance de divorce et qui va essayer par tous les moyens possibles de les remettre ensemble, quitte à utiliser la magie. 

J'avais repéré ce livre dans le programme des parutions de Belfond, mais je ne m'y était pas plus attardé que ça: le sujet me semblait intéressant mais lire encore une fois un énième livre se passant lors de  la seconde guerre mondiale (ce sujet est souvent traité en littérature) ne m'enthousiasmait pas plus que ça. 
Quelle n'a pas été ma surprise en voyant ce livre arriver chez moi, il y a quelques semaines. Je me suis alors dit:"maintenant qu'il est dans ma PAL, autant se lancer, je ne serais peut être pas à l'abri d'une belle surprise.

En effet, la belle surprise a été là car j'ai beaucoup apprécié ce roman rempli d'humour, mais également touchant, sombre et triste à la fois. Les deux jeunes personnages (Mosche qui découvre l'univers du cirque et de la grande illusion, dans l'Allemagne nazie) et Max qui essaie par tous les moyens de réconcilier ses parents, m'ont beaucoup plu, même si j'avoue une petite préférence pour Max, qui m'a beaucoup ému dans sa quête.
Beaucoup de thèmes sont abordé dans ce roman: la guerre, les tromperies, les mensonges (qui se cachent souvent derrière la magie et qui risque d'en décevoir plus d'un, surtout ceux qui ont gardé une âme d'enfant), le divorce et la douleur des enfants de voir leurs parents séparés, les camps, la mort également. Tout ça est évoqué avec un style très conte de fées. Jugez plutôt avec la première phrase du livre:

"Au début du XXe siècle, à Prague, vivait un homme du nom de Laibl Goldenhirch. C'était  une personne modeste, un rabbin, un maître des Ecritures qui s'était fait un devoir de comprendre les mystères qui nous entourent." (P.7)

Faites l'expérience de lire ce début de livre à voix haute et vous aurez l'impression de lire un conte de fées à votre enfant ou à l'enfant qui sommeille en vous. C'est délicieux, mais en même temps très troublant car l'histoire qui nous est conté n'est pas des plus roses...mais c'est souvent le cas, dans les contes de fées, n'est ce pas. Lors de ma lecture, j'ai ri, j'ai été touché, et j'ai eu peur. En clair ce roman m'a fait vivre plein de sensations. 

Le seul petit bémol dans ce livre, c'est la construction du roman: celui ci, (comme beaucoup d'autres en ce moment) alterne les deux histoires: celle du jeune Mosche, qui découvre le monde de l'illusion dans une Europe en guerre, et celle de Max, qui veut rabibocher ses parents qui viennent de se séparer. Habituellement, j'arrive à m'accommoder de ce procédé, sauf que cela ne l'a pas fait ici, et pour plusieurs raisons: la tonalité des deux histoires n'est pas la même. Celle de Mosche est sombre et triste en général et celle de Max nous plonge plutôt dans la tendresse et l'humour (c'est d'ailleurs dans cette partie que j'ai beaucoup ri). Dès que l'on quitte un moment dramatique dans la vie de Mosche, on se retrouve dans la page suivante, dans un monde plus léger, ce qui fait que nos émotions jouent au yoyo et c'est très perturbant. L'autre raison qui m'a gêné lors de ma lecture, c'est qu'on suit Mosche à deux époques différentes: le jeune Mosche, qui découvre la grande illusion, l'amour, et qui a la fouge de la jeunesse, au XXè siècle et le vieux Mosche, acariâtre, se moquant du jeune Max et se servant de lui pour retrouver un toit où vivre, puisqu'il a été viré de sa maison de retraite. Alterner ces deux visions du personnage, tellement opposées, qu'on dirait deux personnages différents, m'a fait me demander si je n'aurai pas dû lire ce livre en deux fois: lire d'abord l'histoire de Mosche au XXe siècle, puis revenir au début du livre pour lire l'histoire de Max. 
Pour ma part, je pense que l'auteur a fait une petite erreur en choisissant l'alternance des histoires. Raconter l'histoire de manière chronologique aurait été plus appropriée, et elle aurait été tout aussi forte. Mais bon, je ne peux pas revenir sur le choix de l'auteur. 

Au final, un roman aux accents de contes, fort touchant, qui nous fait passer des frissons de peurs, aux éclats de rire, en nous parlant de cette magie qui éclaire la vie des petits enfants qui croient encore aux magiciens et aux contes de fées, mais qui s'efface derrière un écran de fumée une fois qu'on est adulte. Malgré ces défauts, ce premier roman est à découvrir, de la  manière que vous voudrez. 
En lisant ce livre, on a tous envie d'être Max, ce petit garçon, qui pense que la magie peut réunir ses parents à nouveau. Si on croit à ses rêves, la réalité est plus facile et plus belle à vivre. 

Merci à Diane et aux Editions Belfond d'avoir su me convaincre de partir à la rencontre de Max et Mosche.

Emanuel Bergmann: Max et la grande illusion, (Der Trick), Belfond, 340 pages, 2017



mercredi 20 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #235

En 1996, Jane Birkin reprenait des chansons de son pygmalion qu'il avait écrit pour lui même ou d'autres chanteuses, et ce fut un véritable succès.

Jane Birkin: la Gadoue (1996)


Cinq ans après la disparition de son mentor, Jane Birkin enregistrait Versions Jane, un album constitué exclusivement de chansons de Serge Gainsbourg. Chansons qu'elle n'avait jamais interprétées (exception d'une). Le but: respecter l'oeuvre originale tout en l'agrémentant de nouveaux arrangements. La chanson sans doute la plus insolite-insolite sur le bon sens du terme- fut La gadoue que Jane enregistra avec les Négresses Vertes. 30 ans plus tôt, La Gadoue avait été un succès pour une autre chanteuse anglaise de l'écurie gainsbourienne: Petula Clark. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°40", Polygram Collections)

Bonne écoute!




dimanche 17 septembre 2017

Slow Qui Tue #330: Suddenly

Le slow qui tue de la semaine a été soudainement envoûté par quelque chose contre laquelle elle ne peut rien.

Soraya: Suddenly


Bonne écoute!



samedi 16 septembre 2017

Rentrée Littéraire #7: Hillbilly Elégie

4e de couverture: Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter.
Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

J.D. Vance, avocat, raconte dans ce roman autobiographique, son parcours initiatique, et nous montre une population à laquelle on ne pense pas souvent: celle des "Hillbillies" (que l'on pourrait traduire par "péquenots", (même si je trouve ce terme péjoratif), ces blancs pauvres, et plus particulièrement ceux des Appalaches, issus de la classe ouvrière. 
Entre histoire personnelle et constat politique, J.D. Vance défend cette population, qui a voté pour Trump aux dernières élections et démontre comment elle en est arrivé là. C'est également un très bel hommage que J.D. rend à sa famille, et surtout à ses grand-parents, qu'il surnommaient affectueusement Mamaw et Papaw. 
Il revient sur leur histoire, leur installation dans le Kentucky puis l'Ohio. Les enfants qu'ils ont eu (dont la mère de J.D. qui fut une femme un peu perdue et qui accumula les hommes et sombra dans la drogue). Au fil du texte, on se rend compte que si Mamaw n'avait pas été là pour prendre soin de J.D. et Lindsay (la soeur de ce dernier) ces deux là auraient peut être mal tourné. C'est elle qui leur a insufflé l'effort du travail et de croire en ses capacités. C'est grâce à elle que J.D. peut vivre son rêve américain et devenir l'homme qu'il est devenu: un avocat respectable, avec une belle petite famille, loin de ces Hillbillies qu'il a pourtant côtoyé et qu'il ne renie en aucune façon. Et ce joli livre touchant en est la preuve. 
Je m'aperçois qu'il m'est un peu difficile de trouver les mots pour parler de ce livre: le parcours de J.D. et son amour pour ses grands-parents m'a beaucoup touché. Dans sa plume on ressent tout l'amour et le respect qu'il a pour eux, et même pour sa mère,qu'il ne juge en rien, car beaucoup de pauvres blancs de cette région des Appalaches avaient la même vie qu'elle. J.D. s'en est sorti grâce à son entourage combatif et ayant le respect de l'effort,et tout ça grâce à  sa grand-mère, ce sacré personnage, qui n'hésitait pas parfois à sortir son fusil pour défendre les siens. 
Plus on avance dans le parcours de J.D., plus je me suis senti un peu en dehors du livre: le parcours universitaire et ses premiers pas d'avocats sont intéressants à découvrir mais moins fort que les passages de son enfance et son adolescence. Mais cela n'enlève rien à la beauté de ce bel hommage. 

Au final, un roman autobiographique touchant qui donne un visage à cette population blanche et pauvre des Etats Unis qui a peu à peu perdu ses illusions. C'est également un beau parcours initiatique qui démontre tout de même qu'à force de volonté et avec l'aide d'un entourage qui le soutien, on peut réaliser ses rêves et s'en sortir. Un roman plein d'espoir que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions Globe pour cette touchante découverte.

J.D. Vance: Hillbilly Elégie, (Hillbilly Elegy), Editions Globe, 288 pages, 2017