dimanche 11 février 2018

La part des flammes

4e de couverture: Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du xixe au cœur d’une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

Voilà plusieurs semaines, voire quelques mois que ce livre m'appelle (depuis la sortie du dernier roman de Gaëlle, en fait) et je n'ai pas pu résister plus longtemps pour m'y plonger. 
Retrouver la plume de Gaëlle fut un délice merveilleux, et je me demande pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de la relire. 

La force de Gaëlle, c'est d'être une conteuse, qui part complètement dans le sujet qui la fascine, à chaque livre. C'est également sa capacité d'aller au gré de ses envies, au point de nous offrir un livre différent à chaque fois, construisant une oeuvre hétéroclite, mais cependant cohérente, qui montre le propre parcours et le chemin de vie de l'auteure. Surtout, elle s'affirme de livre en livre. 
L'ancre des rêves m'avait montré les qualités de conteuse de Gaëlle, qui nous faisait redécouvrir, à travers des légendes, notre âme d'enfant. 
Avec La part des flammes, Gaëlle nous offre un roman historique de pure beauté, au style très travaillé, retrouvant la couleur des feuilletonistes du XIXe siècle. Gaëlle devient alors une Dickens des temps modernes, qui maîtrise son histoire de bout en bout en lui donnant le souffle romanesque qui faisait le charme des romans feuilletons de ce temps là,tout en donnant une âme belle à ses personnages,  qu'elle regarde vivre d'un regard bienveillant en les accompagnant jusqu'au bout de leur destin. 

Qu'est ce que j'ai aimé ce roman! 
Son histoire (ce fameux incendie du Bazar de la Charité qui va bouleverser la vie de toutes ces femmes et ces hommes), ses personnages (douce Violaine de Raezal, intrépide Mary Holgart, forte et fragile Constance, flamboyant Laszlo, qui part amour, serait prêt à tout, Fidèle et héroïque Joseph, qui, par respect  pour ses maîtres "le Duc et la Duchesse d'Alençon, prendra tout les risques) qui nous emportent dans un tourbillon d'aventures, dont un incendie va être le déclencheur, et la Duchesse d'Alençon, le trait d'union. 

Tout fut parfait! Rien à redire. Voilà un roman comme on en voudrait plus souvent! Un roman qui nous raconte des histoires, qui ne se regarde pas le nombril ,mais donne vie à des personnages attachants et bouleversant que le lecteur à envie de suivre le plus longtemps possible. Voilà pourquoi j'ai mis près d'une semaine pour le lire...non pas par manque de temps, mais pour faire durer le plaisir de lecture le plus longtemps possible et avoir cette envie d'y retourner chaque jour, comme ces lecteurs de journaux, qui découvrait un nouveau chapitre de leur roman feuilleton préféré, chaque matin. 
Surtout, ce roman historique, d'aventures épiques, qui délivre à chaque page, des duels, des enlèvements, des secrets dévoilés, des intrigues amoureuses, de la peine, de la haine, nous emporte dans un tourbillon émouvant, qui a ouvert la boite de mes souvenirs. Je me suis revu, enfant, dévorant les livres d'Alexandre Dumas, de Robert Louis Stevenson. J'étais alors comme un gamin qui oubli, le temps d'une lecture, sa vie d'adulte. 

Que vous dire, a part de découvrir la plume magnifique de cette merveilleuse conteuse qu'est Gaëlle Nohant, qui arrive à me charmer à chaque livre. Et dire que le prochain attend dans ma PAL avec son titre si poétique (Légende d'un dormeur éveillé), j'en suis tout ému. 
Ouvrir un roman de Gaëlle Nohant, c'est retrouver une part de soi qu'on croyait oublié à jamais: ce petit enfant qui ne fait que sommeiller en nous et que Gaëlle réveille de sa plume magique. Alors laissez vous embarquer pour un voyage fabuleux dans le Paris du XIXe, qui va vous réchauffer le coeur. 

Gaëlle Nohant: La part des flammes, Editions Héloïse d'Ormesson, 495 pages, 2015


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